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Tour du Monde à l'envers pour Yves Le Blevec sur le trimaran Actual

Le Stand-by débute pour Yves le Blevec qui se lance dans le Tour du Monde d'Est en Ouest, contre vents et courants dominants.

Yves le Blevec est passé du mode « préparation » au mode « action ».

Toute l'équipe a les traits un peu tirés, mais ils ont tous le sourire. L’Ultim est prêt à affronter trois mois de mers hostiles. Une longue phase se termine pour l’ensemble du team Actual, focalisé depuis le début de l’été sur cet objectif majeur.

« On a bien fait le tour de tout ce qu’il y avait à faire. Il y avait une job list conséquente, nous arrivons au bout, dans les temps. Le bateau est prêt » , sourit Yves le Blevec.

Entre appréhension et excitation…

Pour le skipper Actual, une nouvelle aventure pointe à l’horizon. À partir de ce week-end, il sera en stand-by. Dès que les conditions météo seront favorables, il s’élancera sur une aventure inédite, un défi humain et technique particulièrement osé, une page blanche, une histoire à écrire.

Yves le Blevec : « Le compte à rebours est lancé depuis des mois pour toute l’équipe. Les semaines et les jours ont passé, il va y avoir un changement d’état qui va être important : je vais passer de la position de coordinateur général à celle d’acteur principal. Ça va se faire naturellement. C’est un mélange de sentiments entre appréhensions et excitation… C’est ce genre d’intensité que je vais chercher. Ce changement d’état assez radical, attendu, va arriver là, dans les jours à venir. Je sais comment ça va se dérouler. J’ai déjà en tête les premiers jours de navigation, la mise en place… Je me prépare le plus possible là dessus. »

Un tour du monde collectif

À l’image des astronautes qui répètent inlassablement les gestes essentiels, se préparent  aux situations critiques, scannent mentalement tous les schémas possibles afin de réagir le plus efficacement possible, Yves le Blevec a étudié de près chacune des étapes de son parcours. Avec son équipe, il a passé en revue tous les scénarii possibles. 

« J’adore ce paradoxe : solitaire et solidaires.  Tout le monde aura mis toute son énergie et son expertise dans ce défi. C’est un tour du monde collectif. » Yves le Blevec.

Avec Christian Dumard, routeur et météorologue, ils ont épluché le parcours, phase après phase. Tous les schémas météo possibles ont été envisagés, avec, à chaque fois, la conception de la stratégie la  plus adéquate. Bref, anticiper au maximum pour gommer les incertitudes de l’inconnu, c’est ce que l’ensemble du team Actual s’est attaché à faire depuis des semaines.

« C’est une navigation en solitaire, mais au moment où je vais prendre le départ, il y aura 80% du travail qui aura été fait, par l’équipe, une super équipe, vraiment… J’adore ce paradoxe : solitaire et solidaires. Tout le monde aura mis toute son énergie et son expertise dans ce défi. C’est un tour du monde collectif. »

Le départ ? Une virgule, petite dans le temps, immense émotionnellement

« Ça va être tellement rapide ! Ce sera juste un petit espace entre le temps qu’aura duré la préparation et celui de la navigation. Ce sera en revanche un concentré d’émotions, pour tout le monde, c’est ce qui donne toute son importance au départ : l’émotion qui va s’en dégager. Pour les proches, l’équipe, les partenaires… il va se passer quelque chose, qu’il fasse beau ou qu’il pleuve ! Après, ça va dérouler. »

REGARDS DE SKIPPERS SUR LE DÉFI D’YVES LE BLEVEC ET D’ACTUAL

François Gabart, skipper trimaran Macif

« Yves, en partant contre les vents dominants autour du monde est vraiment un pionnier. Être à l’origine de tout ça, être le premier à faire quelque chose est intéressant : ça repousse un peu plus loin les limites de ce que nous sommes capables de faire sur un bateau à voile. Je ne sais pas s’il sera suivi par beaucoup de marins, l’exercice étant tellement difficile, ça restera quelque chose d’unique de toute façon. Même dans 50 ans, ça restera quelque chose d’extraordinaire. »

Armel le Cleach, skipper Maxi Banque Populaire IX

« Yves est courageux. C’est un peu comme attaquer l’Everest par la face la plus compliquée. On va suivre ça de très près. »

 

Francis Joyon, skipper maxi trimaran Idec Sport


« La difficulté technique majeure va être d’avoir un bateau qui reste en état sur la durée. C’est un challenge d’avoir tout le matériel qui tienne, jusqu’au bout. On est souvent obligé d’improviser, de fonctionner en mode un peu dégradé. Il y a aussi la difficulté humaine bien sûr, la fatigue s’accumule au fur et à mesure et ça rend la chose encore plus difficile. »


Thomas Coville, skipper Sodebo Ultim’


« C’est le seul truc que je n’aurais pas tenté. Le challenge est énorme, il est très très engagé, il est techniquement difficile. Il faut être bien armé mentalement et physiquement. Que ce soit le bateau, que ce soit Yves, que ce soit Christian (Dumard, ndlr) ou toute l’équipe qui est là autour, la maturité d’Actual… ils peuvent arriver à battre ce record ou à en faire un vrai temps de référence. En revanche, le nombre de paramètres pour résoudre cette équation est juste énorme. Ce que Yves tente aujourd’hui reflète bien sa personnalité. Il faut qu’il trouve où c’est ancré dans ses tripes. Il fait partie de ceux qui ont envie de construire l’histoire. »

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