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Libéré, délivré !

Après 48 heures à planter des graines dans une mer épouvantable, François Gabart a repris le cours de sa relation amoureuse avec les hautes vitesses depuis hier dans des eaux moins tempétueuses.

Ce matin, le trimaran MACIF glissait à plus de 30 nœuds, avec de longues sessions à plus de 35 nœuds. Et l’avance sur le record du tour du monde en solitaire a gonflé.
 

Point course en bref :

Après 48 heures à 18-20 nœuds dans des creux de 5 à 7 mètres, le trimaran MACIF a repris de la vitesse.
A venir, une dorsale pour remonter au cap Horn par le nord à haute vitesse
Les routages annoncent un doublement du cap Horn dimanche soir
 
800 milles et quelques longueurs.

Cela faisait un petit moment que la bourse du record ne s’était pas clairement affichée à la hausse. Descendue à l’équivalent d’une vingtaine d’heures de navigation ces derniers jours, la marge a repris du volume à mesure que la mer s’aplatissait sous les bottes des Sept Lieues du trimaran MACIF. François Gabart ne navigue pas encore sur un tapis de billard, mais il devrait profiter d’une journée favorable en ce vendredi 1er décembre. Une belle dorsale prend forme entre deux dépressions, l’une venant des glaces antarctiques, l’autre descendant du sud. La conjonction s’annonce favorable, qui permettrait au solitaire de faire route directe en évitant les zones de glaces tout en menant bon train vers le cap Horn, que le trimaran MACIF pourrait doubler dimanche soir.
 
Ces dernières journées ont été particulièrement harassantes pour le skipper. Et, même s’il l’on doit toujours se méfier des symboles, le point Nemo a forcément tourné dans le bocal, hier soir. Le point Nemo, c’est le point le plus éloigné de toute civilisation. Au nord, l’île Ducie est à 2684 kilomètres. Les îles Chatham (3997 km) à l’ouest, l’île Maher (2695 km) au sud et le Chili à l’est (3375 km) furent les terres habitées les plus proches, le temps de la soirée. Même les astronautes de la station spatiale internationale sont plus proches (400 km). Pour définir le positionnement du curseur sur le cadran de l’anxiété, hier, montagnes russes et suspicion d’intrusion de glaçons dans la trajectoire du trimaran ont poussé la vigilance de François à son extrême. Même s’il a fallu caler trois petits jybes cette nuit, pour éviter la zone d’eaux froides – et les sueurs de même température – , ces dernières 24 heures ont quand même permis au marin de souffler. L’horloge de vie annonçait 5h30 de sommeil au cours de cette dernière journée. Mais assurément, le corps demandera beaucoup d’attentions. Nutrition soignée, réhydratation appliquée et étirements permettront de compenser les affres de ces journée plus éprouvantes peut-être que les autres. Mais pour cela aussi, le skipper du trimaran MACIF s’est préparé.

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