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Un monde privé d'eau...

Anne Quéméré
Anne sur l'OceanKit

21 avril 2009

« Aman Iman » dit un proverbe Touareg, « l'Eau c'est la Vie », et s'il y a bien un élément dont je n'ai jamais manqué lors de mes précédents challenges, c'est bien de cette eau qui, dans le désert, est à chaque instant de la vie présente à l'esprit tant elle est rare et précieuse. Deux ans sans pluie dans cette région du sud de l'Algérie que nous avons traversé, deux années à regarder la terre se dessécher et les plantes dépérir, il y a de quoi déstabiliser la bretonne que je suis, élevée au rythme des tempêtes de Noroît. Notre voyage de repérage dans le Tassili du Hoggar nous a permis de faire un certain nombre de constats quant au projet initial de Pierre Schmitt : une traversée de Djanet à Tamanrasset en kite-buggy. La première leçon durement acquise n'a pas été très différente de celle enseignée par l'océan : apprendre la patience...Sport dans lequel j'excelle aujourd'hui ! Je ne sais pas ce qui, entre une journée de pétole en mer, ou une journée identique au beau milieu du désert par 40°C est le pire, mais au final, le résultat est bien le même : pas de vent, pas d'aile et c'est alors l'insupportable attente qui commence. Réfugiés à l'ombre des rochers, il nous a donc souvent fallu ronger notre frein, nous contentant des quelques rares moments où vent et terrain se combinaient parfaitement pour permettre au buggy d'évoluer sur quelques kilomètres. Cela dit, lorsque le vent était au rendez-vous, il était la plupart du temps très instable, variant de 5 à 20 nœuds et toujours en rafale... J'ai connu mieux comme conditions... J'ai connu pire aussi il est vrai ! La chaleur, les difficultés du terrain, les épines d'acacias mortelles pour les pneus du buggy ont durement éprouvés notre matériel, et les ailes ont nécessité de longues heures de réparations après que les caissons aient rendu l'âme. Bref, il y a encore du pain sur la planche avant que le projet ne voit le jour, mais cette expédition aura au moins permis d'éclairer nos lanternes quand à la viabilité d'un tel voyage. En tout cas, cette immersion intense dans le désert nous a permis de savourer des paysages à couper le souffle, se modelant au gré de la lumière si particulière dans ces régions et, grâce à Shérif, Sofiane et Ibrahim nos guides touaregs, nous avons appris que pour réussir à survivre dans un milieu aussi hostile il faut considérer le monde avec les yeux du groupe. La vie là-bas n'est pas une entreprise individuelle, et la solidarité n'y est pas un vain mot... La vie là-bas mériterait qu'on s'y attarde un peu plus sur le monde qui nous entoure... Un grand merci à l'entreprise Cotten ainsi qu'à Marine Sat qui m'ont accompagnée sur cette mer de sable.